Brexit… Vous avez dit brexit?

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Qu’est-ce que le Brexit ?

Le « Brexit » est une abréviation de « British Exit », évoquant l’hypothèse d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, faisant référence au « Grexit » évoqué durant l’été 2015 lors de la crise grecque. A la différence du « Grexit », où la mise à l’écart de la Grèce de la zone euro (et non de l’Union européenne) pouvait être envisagée comme une sanction envers le pays, il s’agirait dans le cadre du « Brexit » d’un départ volontaire de l’Union.

« Que les choses soient claires : la Grande-Bretagne n’est pas intéressée par une Union toujours plus étroite et je vais régler la question » – David Cameron

Pourquoi le Brexit ?

Lors de sa campagne pour briguer un second mandat de Premier ministre, David Cameron a promis d’organiser, au plus tard en 2017, un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Le spectre du référendum est un levier politique pour le Royaume-Uni, visant à changer la direction prise par la construction européenne. Ce levier a d’ores et déjà permis d’obtenir certains assouplissements, notamment dans le domaine financier.

« Nous voulons rester dans une Union européenne réformée, mais cela doit être une Union européenne qui marche mieux pour tous les citoyens d’Europe, et qui marche mieux pour la Grande-Bretagne aussi » – George Osborne

Que veut le Royaume-Uni ?

Mardi 15 novembre 2015, le gouvernement britannique a présenté quatre grandes exigences au président du Conseil européen, Donald Tusk. Celles-ci concernent :

  • La libre circulation des Européens : David Cameron souhaite que les Européens qui s’installent au Royaume-Uni attendent quatre ans de présence sur le territoire avant de pouvoir toucher des allocations sociales ;
  • La monnaie : l’euro ne serait plus considérée comme la monnaie unique de l’Union européenne. Dès lors que l’Union européenne aurait plus d’une monnaie, toute politique décidée par les Etats membres de la zone euro ne serait qu’une option pour les autres Etats ;
  • Le marché unique : Afin d’achever la construction du marché unique, le Royaume-Uni souhaite d’une part que la libre circulation des capitaux soit perfectionnée et d’autre part que la réglementation européenne pèse moins sur les entreprises ;
  • La souveraineté : Pour éviter de se diriger vers une union politique, David Cameron demande que soit ôtée des traités fondateurs la mention sur une « Union sans cesse plus étroite », et souhaite un renforcement des pouvoirs de contrôle des parlements nationaux.

Quelles voies sont ouvertes ?

« Certaines [exigences] sont difficiles à satisfaire, d’autre le sont moins. Mais si nous avons la volonté d’aboutir, je suis convaincue que nous parviendrons à aplanir des difficultés. » – Angela Merkel

L’état actuel des traités sur l’Union européenne et son fonctionnement ne permettent pas l’hypothèse d’une sortie d’un Etat membre. Néanmoins, l’Union européenne reste une construction de droit international, la dénonciation par un Etat souverain de son adhésion ne saurait donc être contestable.

L’hypothèse d’une renégociation des traités est envisageable, mais requiert de mobiliser l’ensemble des gouvernements et parlements nationaux, de même que les institutions européennes. De plus, en raison de l’agenda électoral, certains Etats tels la France ne sont pas tous favorables à cette hypothèse.

Outre le statu quo, une troisième voie envisageable serait un ensemble de modifications techniques et précises, permettant, comme ce fut le cas pour le Mécanisme européen de stabilité, de ne pas réunir les conditions nécessaires à l’adoption puis à la ratification d’un nouvel ensemble de traités.

Quelles conséquences en attendre ?

David Cameron peut jouer à la légère avec notre place en Europe, mais soyez sûrs que le SNP fera campagne pour que l’Ecosse et le Royaume-Uni restent dans l’Union européenne. – Nicola Sturgeon

Sur les conséquences économiques, les experts et les chefs d’entreprises sont incapables à ce jour de se prononcer d’une seule voix. Pour certains, la sortie du Royaume-Uni serait une catastrophe politique, pour d’autres, un épouvantail qui redonnerait foi dans l’Union européenne.

L’Europe perdrait l’une de ses trois grandes puissances, une des plus importantes places financières au monde, le premier partenaire diplomatique des Etats-Unis en Europe ainsi que l’un des seuls Etats européens entretenant une armée régulière conséquente.

Au Royaume-Uni, l’Angleterre pourrait voir ses relations avec le gouvernement écossais, indépendantiste et europhile, se détériorer, un second référendum sur la sortie de l’Ecosse pouvant avoir lieu en cas de « Brexit ».

SOURCE : ToutelEurope.eu

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