Comment le Brexit affecte-il les européens venus travailler en Grande-Bretagne ?

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Depuis le non britannique du 23 juin dernier à rester dans l’Union Européenne, on respire une ambiance de grande incertitude chez les travailleurs européens établis au Royaume-Uni. Si un statut particulier n’est pas accordé aux citoyens européens qui rêvent de partir pour y travailler, il est très probable que dans le futur ils devront se fournir des permis de travail. Mais, quelles seront les conséquences pour les 3 millions d’européens, dont 300 000 français, qui y habitent déjà ? Et pour les 2 millions de britanniques établis dans d’autres pays de l’UE ?

Parmi les causes qui ont alimenté la sortie du Royaume-Uni, on trouve la peur de l’immigration, le manque d’emplois et de perspectives ainsi que sa trop grande contribution au budget européen. Mais surtout, la cause la plus visible pour les classes pauvres et moyennes, c’est la possibilité pour les travailleurs européens de bénéficier, au même titre que les britanniques, des prestations sociales. En effet, le droit à l’égalité de traitement a été au cœur des débats pre-brexit. Raison pour laquelle on pourrait prévoir que les expatriés européens verront une perte de leurs droits en matière d’emploi au Royaume-Uni.

L’endurcissement des lois de travail et des lois migratoires vont sans doute être fortement discutées dans le cadre des négociations pour la nouvelle relation UE-UK. Le peuple anglais veut continuer à bénéficier des avantages du marché intérieur tout en évitant ses obligations actuelles dans ces matières.

Néanmoins, les Européens déjà installés, ou ceux qui souhaitent encore le faire, peuvent rester tranquilles pour le moment car tant que le « divorce » n’est pas officiel, leur statut restera inchangé. Ils peuvent continuer à circuler, travailler et résider dans tous les pays de l’UE sans visa. Le Gouvernement britannique l’a d’ailleurs annoncé dans un communiqué:

« […] nous voulons que les droits légaux des nationaux britanniques vivant dans des pays européens, ainsi que ceux des nationaux de l’Union européenne au Royaume-Uni, soient correctement protégés. Durant l’intervalle, il n’y aura pas de changements immédiats. Pendant la période de négociations, le Royaume-Uni restera un membre à part entière, pleinement titulaire des droits et obligations de l’appartenance à l’Union européenne ».

Deux ans, c’est le temps que le RU aura pour quitter définitivement l’UE, après avoir déclenché le processus prévu par l’article 50 du Traité de l’UE, période qui pourrait aller jusqu’à 7 ans dû aux prolongations possibles. La séparation, n’existant pas encore sur le papier, tout européen s’installant au Royaume-Uni pendant cette période continuera à bénéficier exactement des mêmes droits qu’il aurait eus dans un autre État membre.

Mais une fois le retrait signé ?

D’après de nombreux experts, il est difficile de savoir exactement ce qui en sera des droits des citoyens européens déjà établis au Royaume Uni. Ce sujet fera partie de la négociation avec Bruxelles pour effectuer la sortie de l’UE. Quelques analystes pensent qu’il est peu probable que les droits des actuels expatriés changent. Seules les arrivées après la séparation souffriront pleinement les conséquences, et cela si les nouvelles conditions motiveront les gens à s’y établir. En effet, un régime plus exigent pour les travailleurs et sans garanties suffisantes, fera de l’Angleterre une destination moins attirante. Pour les nouveaux arrivants, un passeport ou un permis de travail semble inévitable.

La potentielle perte de pouvoir d’achat, reste quant à elle un point commun à tous, anglais compris. La dépréciation de la Livre Sterling pourrait affecter ceux qui veulent se déplacer en Europe ou faire des transactions internationales, car l’euro risquerait de devenir plus cher. D’ailleurs la valeur de la Livre a atteint des minimums historiques, le niveau le plus bas en 30 ans, au lendemain des résultats électoraux.

Enfin, il faut tenir compte que, tout ce qui ne sera pas négocié avec l’UE, pourra se faire via des traités bilatéraux, avec chaque pays européen. Certains observateurs pensent que le Royaume-Uni pourrait signer des accords plus favorables que d’autres, concédant ainsi des droits différents en fonction des liens de coopération existants. Cela laisse à penser que les citoyens français et allemands pourraient avoir plus d’avantages notamment que les ressortissants des pays de l’Europe de l’Est, perçus socialement comme des émetteurs de migrants.

Par Susana Isabel Núñez

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