La journée noire de Theresa May au Parlement britannique

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Theresa May
La Première ministre s’est rendue à la Chambre des communes, mardi, pour donner le coup d’envoi de cinq jours de débat sur l’accord de divorce avec l’Union européenne, avant le vote crucial des parlementaires, le 11 décembre. Et les députés lui ont infligé trois sévères camouflets.

Trois défaites en une seule journée. “Les pires” essuyées par “un Premier ministre à la Chambre des communes depuis quarante ans”. Les votes sanctions infligés par les députés britanniques à Theresa May, le 4 décembre, alors que la chef du gouvernement donnait le coup d’envoi de cinq jours de débat sur l’accord du Brexit avant le vote crucial du Parlement mardi prochain,“représentent la journée la plus noire pour les whips du gouvernement depuis […] 1978”,tanceThe Times.

Premier de ces camouflets : par 311 voix contre 293, les députés ont voté une motion demandant la divulgation complète d’un avis juridique sur le projet d’accord de sortie de l’Union européenne. Et déclarant l’exécutif coupable d’“outrage au Parlement” – une première pour un gouvernement – pour ne pas l’avoir publié dans son intégralité. Six partis d’opposition ont voté la motion, mais également le Parti unioniste nord-irlandais (DUP), malgré son accord de gouvernement avec les conservateurs, relève la BBC. Geoffrey Cox, l’attorney général – le plus haut magistrat du pays –, avait rendu public lundi un résumé de cet avis juridique, que le gouvernement se voit forcé de publier entièrement. Rien d’explosif cependant dans ce texte : “L’attorney général a essentiellement fourni une traduction de l’accord (de divorce)”, explique The Guardian, selon qui il ne s’agit pas d’un document susceptible de faire “couler l’accord”.

Un peu plus tôt, les députés avaient rejeté par quatre voix une proposition du gouvernement visant à renvoyer la question de savoir s’il était coupable d’“outrage au Parlement” à un comité de la Chambre des communes. Enfin, ils ont approuvé un amendement renforçant le droit de regard qu’aura le Parlement si l’accord négocié avec Bruxelles était rejeté le 11 décembre.

“Une première ébauche de sa propre nécrologie politique”

“L’autorité de Theresa May est en lambeaux après un triplé humiliant de défaites en soixante-trois minutes”, conclut le tabloïd The Mirror.“Les députés, ce soir, commencent à reprendre le contrôle. […] Cependant, May a ouvert le débat par un discours défiant, dont certains à Westminster ont dit qu’il s’agissait d’une première ébauche de sa propre nécrologie politique, avec les doutes qui planent sur l’avenir de son gouvernement”,analyse de son côté le Guardiandans un deuxième article.

“J’ai passé près de deux ans à négocier cet accord. J’ai perdu de précieux collègues en cours de route. Et fait l’objet de vives critiques de toutes parts”, a déclaré la locataire du 10 Downing Street. Avant d’exhorter les députés à respecter le référendum de 2016 et d’arguer que l’accord proposé était un “compromis honorable”.

”Nous ne savons toujours pas à quoi ressemblerait notre relation à long terme avec l’Europe et c’est la raison pour laquelle tant de députés à travers le Parlement ne sont pas disposés à voter pour ce Brexit aux yeux bandés et à sauter dans l’inconnu”, a répondu le leader du Labour, Jeremy Corbyn. L’ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, qui a démissionné en juillet pour protester contre l’accord négocié par Theresa May, l’a qualifié “d’humiliation nationale, qui tourne Brexit en dérision”. Nigel Dodds, le chef du DUP à Westminster – le parti est hostile à la “clause de sauvegarde”(backstop) prévue pour éviter le rétablissement d’une frontière entre l’Irlande du Nord et la république d’Irlande –, a lui estimé que l’accord n’a pas réussi à accoucher du Brexit “en tant qu’un seul Royaume-Uni”.

Source : Courrier International

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