Brexit, COP24 et pacte migratoire… les 3 infos de la semaine à retenir

Catégorie(s) : Brexit | Climat | Environnement | Migrations

téléchargement

Au Royaume-Uni, une motion hostile au gouvernement, approuvée mardi 4 décembre, laisse croire à un rejet de l’accord sur le Brexit par les députés lors du vote fatidique du 11 décembre. A Katowice en Pologne, la COP24 s’est engagée dimanche 2 décembre, avec pour objectif la mise en œuvre de l’Accord de Paris de 2015. Enfin, le Pacte migratoire de l’ONU, qui doit être signé les 10 et 11 décembre à Marrakech, divise profondément les Européens.

Brexit : Theresa May loin d’une majorité au Parlement

La Première ministre britannique Theresa May a une nouvelle fois essuyé une rude semaine. En effet, les députés britanniques ont approuvé mardi 4 décembre, par 311 voix contre 293, une motion d' »outrage au Parlement » contre le gouvernement. Le vote vient sanctionner le refus du gouvernement de publier l’intégralité de l’avis juridique sur l’accord du Brexit négocié avec l’Union européenne. En conséquence, l’exécutif a rendu public le rapport dès le lendemain.

Ce vote, très négatif pour Theresa May, mais essentiellement symbolique, a surtout permis d’évaluer l’état des forces en présence au sein de la Chambre des communes alors que l’accord sur le Brexit doit être soumis à l’approbation des députés le 11 décembre. Or la Première ministre semble loin d’avoir les 326 voix qui lui assureraient la majorité absolue. Seuls 226 élus conservateurs seraient toujours fidèles au gouvernement.

Pour tenter de convaincre les parlementaires, Mme May a annoncé jeudi 6 décembre que « les députés pourraient avoir le dernier mot sur l’activation éventuelle d’une disposition évitant le rétablissement de contrôles frontaliers sur l’île d’Irlande après le Brexit« . En assouplissant sa position sur ce point précis, la cheffe du gouvernement s’adresse notamment au Parti unioniste nord-irlandais, farouchement opposé au « filet de sécurité », et détenant 10 voix potentiellement clés pour le vote.

COP24 : concrétiser enfin l’Accord de Paris

À Katowice, au cœur du bassin minier polonais, la 24e conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP24) a débuté dimanche 2 décembre. Trois ans après le succès de la COP21, l’objectif principal de l’événement est d’enfin mettre en œuvre l’Accord de Paris. De fait, l’engouement suscité en 2015 est depuis assez largement resté lettre morte, en attestent le peu d’intérêt suscité par les COP22 et 23, organisées respectivement à Marrakech et Bonn en 2016 et 2017.

Selon un rapport de l’Organisation météorologique mondiale – un organe des Nations unies – publié en octobre, compte tenu de la faiblesse des efforts mondiaux pour le climat, l’augmentation des températures pourrait atteindre les 3°C d’ici la fin du siècle. Bien loin donc des 2°C prévus par l’Accord de Paris, et du 1,5°C prôné par le GIEC, un seuil au-delà duquel l’emballement climatique deviendrait certainement incontrôlable.

Pour Amy Dahan, directrice de recherches émérite au CNRS interrogée par L’Express, il est nécessaire de mettre en place des « mécanismes financiers très élaborés pour permettre aux pays en développement […] de s’engager sur la voie de la lutte contre le changement climatique« . A cet égard, la Banque mondiale a annoncé, dimanche 2 décembre, la mobilisation de 200 milliards de dollars entre 2021 et 2025, dont la moitié « sera consacrée à des projets d’adaptation des pays en développement aux dérèglements climatiques » [Le Monde].

Pacte migratoire : les États européens divisés

Le texte du « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », rédigé sous l’égide des Nations unies, doit être adopté les 10 et 11 décembre lors d’une conférence intergouvernementale à Marrakech. Mais le texte se trouve au centre d’un grand nombre de fausses informations largement relayées sur différents réseaux sociaux. Pour les uns, le pacte mettrait en place un « droit à l’immigration ». Pour d’autres, il cèderait carrément la souveraineté de la France à l’ONU. Des intox dont le Canada a également été victime quelques semaines plus tôt.

Initialement lancé à la demande des pays européens, ce Pacte vise à encadrer l’immigration au niveau mondial, afin de remédier à la désorganisation dans la gestion de la crise migratoire. Juridiquement non contraignant et se contentant d’énoncer des principes plutôt consensuels, le texte est néanmoins très décrié par de nombreux pays qui refusent de le signer. Les États-Unis de Donald Trump, suivant une ligne anti-multilatéralisme et anti-immigration, se sont très rapidement retirés du Pacte, suivis par Israël et l’Australie.

De même, en Europe, plusieurs gouvernements populistes ou ultraconservateurs s’y opposent, notamment la Hongrie, l’Autriche, la Bulgarie, La Hongrie, la Pologne, la République tchèque ou encore la Slovaquie. D’autres pays encore ont fait part de leurs hésitations : la Croatie, le Danemark, l’Estonie et les Pays-Bas. En Italie, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles ont multiplié les déclarations contradictoires et ont fait le choix de consulter le Parlement. Enfin, la situation est similaire en Belgique, où les partis membres du gouvernement se déchirent sur cette question, au point de mettre en péril leur coalition.

Source : ToutelEurope.eu

Écrire un commentaire

*

A lire également

L’UE s’accorde in extremis pour limiter les émissions des voitures

La présidence autrichienne a réussi à négocier un objectif de réduction des émissions de CO2 des voitures de 37,5 % d’ici 2030 malgré l’opposition de l’Allemagne

Premier accord européen sur les engrais recyclés

Le règlement sur l’utilisation d’engrais organiques, issus de déchets, a fait l’objet d’un accord tripartite. Il vise à réduire l’utilisation d’engrais chimiques en Europe

La question des « gilets jaunes » s’invite au Parlement européen

Les eurodéputés se sont penchés sur la question de la justice sociale dans la transition écologique. Un débat prévu dans la foulée du mouvement des gilets jaunes en France