Pour faire approuver le Brexit, Theresa May ouvre la porte à un second référendum

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A l’occasion d’une conférence de presse organisée à Londres mardi 21 mai, Theresa May a réaffirmé sa volonté de mettre en œuvre le Brexit. La Première ministre a ainsi énuméré une série de concessions, comprenant la possibilité d’un second référendum. Mais aussi bien les conservateurs que l’opposition travailliste se montrent pour l’heure peu réceptifs.

« Après une réunion houleuse de son cabinet« , Theresa May a tenu une conférence de presse à Londres, mardi 21 mai dans l’après-midi, informe Le Monde. « Je savais que mettre en œuvre le Brexit n’allait pas être simple« , mais « cela s’est révélé plus dur que ce que j’avais anticipé« , a-t-elle reconnu [Le Figaro].

Au cours de cette prise de parole « destinée à répondre à l’exaspération des électeurs qui, selon les sondages, s’apprêtent à faire un triomphe au ‘parti du Brexit’ du leader d’extrême droite Nigel Farage lors des élections européennes qui ont lieu jeudi 23 mai » au Royaume-Uni [Le Figaro], la Première ministre a fait un certain nombre de concessions visant à faire approuver l’accord sur le Brexit par la Chambre des communes. Mme May a ainsi demandé aux députés de saisir cette « dernière chance » d’obtenir une sortie négociée, sans quoi le Brexit pourrait ne pas voir le jour, relate la BBC.

Dernière offensive

Lors de son intervention, Theresa May a indiqué soumettre à la Chambre des communes au cours de la première semaine de juin « non pas le texte de l’accord avec l’UE, mais, curieusement, l’énorme projet de loi destiné à le mettre en œuvre« , écrit Le Monde, en faisant référence au Withdrawal Agreement Bill. Il s’agit de « la législation nécessaire pour transposer son accord en droit britannique« , précise la BBC.

Afin de trouver un compromis au Parlement après le triple refus de l’accord de divorce par les élus, la cheffe du gouvernement britannique a donc « lancé une dernière offensive pour tenter de trouver un compromis« , analyse Le Figaro. En effet, bien que la leader des Tories ait réitéré son opposition à une seconde consultation populaire, elle s’est engagée à donner la possibilité aux députés de « voter sur un second référendum et le maintien dans une union douanière temporaire avec l’UE« , annonce La Croix. Une offre néanmoins conditionnée à une approbation préalable du Withdrawal Agreement Bill.

« Si les députés votent en faveur de la tenue d’un référendum, celui-ci aura lieu avant que l’accord de retrait puisse être ratifié« , a précisé Theresa May, citée par le Télégramme. Et « s’ils adoptent le projet de loi et rejettent la tenue d’un référendum, le Royaume-Uni pourra quitter l’UE fin juillet« , décrypte le quotidien régional.

Ces dispositions sont avant tout destinées à recueillir le soutien de l’opposition travailliste, car la Première ministre sait qu’elle ne pourra mener son plan à bien avec « les seules voix des conservateurs » et du Democratic Unionist Party (DUP) nord-irlandais, relate Le Figaro. Quatre jours après la rupture des négociations par le Labour [Ouest-France], Theresa May « espère encore obtenir les voix de certains d’entre eux« , décrypte Le Figaro.

Et au total ce sont dix « concessions » que Theresa May semble prête à faire pour « s’attacher les faveurs de l’opposition« . Celles-ci incluent également l’alignement de la législation britannique « sur les droits du travail et environnementaux ou les réglementations sanitaires de l’UE » ou encore « la consultation du Parlement [britannique] sur la négociation de la future relation avec l’UE« , indique Le Figaro.

Faibles soutiens

Mais malgré les changements proposés, l’opposition campe pour l’heure sur ses positions. « La réponse aux nouvelles propositions de Theresa May […] ne varie pas : ce sera non« , note Libération.

Pour sa part, le leader du Labour Jeremy Corbyn a déclaré que son parti « n’appuierait pas le plan« , qu’il qualifie de « répétition de ce qui a été discuté auparavant« , informe le New York Times. Du côté des conservateurs pro-Brexit, ces derniers n’ont pas tardé à manifester leur « colère« . Rejetant l’accord, l’influent Brexiter Jacob Rees-Mogg l’a même considéré « pire qu’avant« . Quant à son comparse Nigel Evans, il souhaite convaincre une majorité de députés conservateurs de « modifier les règles du parti pour permettre un vote immédiat de défiance à l’égard de Mme May« , fait savoir la BBC. Un tel vote avait échoué en décembre dernier et ne peut théoriquement pas être réitéré avant un an.

Quelle que soit l’issue du résultat, « la première ministre a déjà annoncé qu’elle engagerait le processus de sa succession à Downing Street« , tel qu’elle l’a annoncé le 16 mai, conclut Le Figaro.

 

Source : Toute l’Europe, le 22/05/2019

La Première ministre britannique Theresa May – Crédits : Number 10 / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

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