Commission européenne : l’europhile Sylvie Goulard choisie par le gouvernement français

Catégorie(s) : Institutions européennes

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La France a choisi, mercredi 28 août, Sylvie Goulard pour le poste de commissaire européen. Ancienne ministre des Armées et spécialiste des questions européennes, le choix d’Emmanuel Macron est salué par la presse. Mais la potentielle implication de l’ancienne eurodéputée dans l’affaire des emplois fictifs du Modem pourrait compliquer sa nomination.

Deux jours après la date limite initialement prévue, « l’Elysée a finalement proposé le nom de Sylvie Goulard pour occuper le poste de commissaire qui sera dévolu à la France dans l’équipe d’Ursula von der Leyen« , future présidente de la Commission européenne [Euractiv].

Pro-européenne, polyglotte et technicienne

« Ephémère » ministre des Armées [Le Monde] en 2017 et actuelle sous-gouverneure à la Banque de France, Sylvie Goulard (54 ans) « a le profil idéal » pour le poste, selon La Croix. « Pro-européenne, polyglotte et technicienne« , celle qui a été députée européenne pendant 8 ans peut se prévaloir d' »un parcours brillant sur la scène européenne« , juge également Ouest-France.

« Énarque, Sylvie Goulard a commencé sa carrière au ministère des Affaires étrangères« . Elle travaille alors déjà sur les questions européennes, précise La Croix. Elle fait par la suite ses armes à la Commission européenne « puisqu’elle a été conseillère de son président, Romano Prodi, entre 2001 et 2004 » avant de devenir « présidente du Mouvement européen-France de 2006 à 2010 » puis eurodéputée de 2009 à 2017.

A en croire l’Elysée, c’est bien « l’expérience européenne » de Mme Goulard, mais aussi sa « vision des enjeux » qui ont présidé au choix du chef de l’Etat, dont elle est par ailleurs « proche« , rapporte Le Monde. Car selon les traités, les membres de la Commission doivent être « choisis en raison de leur compétence générale et de leur engagement européen« , explique La Croix.

Troisième française à occuper le poste

« Si sa nomination est confirmée par le Parlement européen, à l’automne, Mme Goulard deviendra la troisième femme à occuper le siège français depuis 1958« , remarque Le Monde, alors même qu’Ursula von der Leyen ambitionne de constituer la première Commission paritaire.

En poste, elle participerait « collectivement » aux décisions stratégiques et politiques de l’institution, détaille France Info. Les commissaires « proposent des actes législatifs, des programmes de financement et le budget annuel« , énumère le média.

Sylvie Goulard pourrait « prétendre au portefeuille d’une éventuelle nouvelle direction générale de la Commission européenne : celle de la défense« , croit savoir Euractiv. Tandis que pour France Infoc’est « un portefeuille économique (commerce, concurrence…) » ou lié à l’environnement qui pourrait lui revenir. Mais les portefeuilles économiques et financiers seraient aussi lorgnés par la Pologne et la Belgique [Le Monde], tandis que le commissaire français sortant Pierre Moscovici est déjà chargé des affaires économiques.

Emplois fictifs

Par ailleurs, « avant de devenir commissaire, Sylvie Goulard doit passer une audition publique devant les eurodéputés dans les prochaines semaines avant un vote sur l’ensemble de la Commission fin octobre« , explique Ouest-France. Et sa candidature « fait déjà débat« , souligne Europe 1.

Sylvie Goulard avait dû quitter le gouvernement un mois après son arrivée en 2017, « dans le cadre de l’affaire d’emplois fictifs présumés des assistants des eurodéputés MoDem » [Le Progrès], « à la suite de l’ouverture d’une enquête préliminaire pour ‘abus de confiance‘ », rappelle Le Monde. « Les magistrats s’intéressent notamment à la réalité du travail effectué par les assistants parlementaires européens de Sylvie Goulard« .

Même « si sur les questions techniques l’audition (…) ne devrait pas poser problème à cette spécialiste de l’Union européenne » [Euractiv], « nul doute que ce sujet reviendra lors de son audition devant les parlementaires européens« , estime La Croix.

« Mme Goulard ne pouvait plus être ministre à cause d’une enquête en cours mais peut être commissaire européenne« , s’étonne par exemple Pierre-Henri Dumont, député Les Républicains cité par Le Progrès.

C’est notamment pour cette raison que l’exécutif a tardé à transmettre son choix à la Commission européenne : « la décision (…) a fait l’objet d’un débat dans l’entourage d’Emmanuel Macron« , relèveLe Monde. Plusieurs proches auraient ainsi « mis en garde le chef de l’Etat sur le risque de voir la candidate française retoquée par le Parlement européen« .

« Une vraie libérale« 

La rémunération de Sylvie Goulard « entre octobre 2013 et janvier 2016 par un laboratoire d’idées américain, l’Institut Berggruen » pose également question, souligne La Croix. « Le montant de la rémunération, 10 000 euros brut mensuels, avait interrogé sur les prestations fournies, alors qu’elle était eurodéputée« , même si cela « n’avait rien d’illégal« , relate Ouest-France. « Son entourage, évasif, [avait évoqué] des ‘rapports’ et des « notes de travail’« , rapporte Libération.

Sur le plan politique enfin, la nomination de Sylvie Goulard a fait l’objet de critiques. Dans un communiqué, les eurodéputés socialistes rappellent qu’elle a participé au paquet règlementaire du pacte de stabilité, qui « impose toujours plus d’austérité, a étouffé la croissance, détruit des emplois et empêché une véritable reprise de l’activité économique » [Euractiv]. Tandis que l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot remarque au micro d’Europe 1 que l’ancienne ministre est « une vraie libérale » et « n’est pas très écolo« .

« Jugé ‘à haut risque’ par une source bruxelloise, ‘audacieux’ par une autre, le choix du président français est, en tout cas, promis à débat dans les couloirs du Parlement européen« , conclut Le Monde.

SOURCE : www.touteleurope.eu

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